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PAMAS G1
Le 30 novembre 2001, après deux campagnes d'essais menées par la DCE, le service des programmes d'armement terrestre (SPART) de la DGA prononçait une qualification officielle pour la modification du PAMAS G1. Un an plus tard, les 97 502 armes sont toutes passées par les deux centres d'usinage de Giat Industries consacrés à cette opération spécifique de remise à hauteur. Un bel exemple de réactivité au sein des services de la DGA.
 
Lorsqu'en 1989 le PAMAS G1 est mis en service dans les unités de la Gendarmerie nationale, la période de tests et d'essais est évidemment terminée. Le programme d'expérimentation technique, mené conjointement par la DGA et la Gendarmerie, a validé les différents volets contenus dans la spécification technique de besoin.
 
Le programme commun d'évaluation, rédigé par le service de programmes et mis en œuvre par la direction des centres d'expertise et d'essais (DCE) de la DGA et recueillant les différentes fiches d'essais d'expérimentation opérationnelle (notamment balistiques), est opérationnel. Pendant toute la période de production du PAMAS, la DGA fait procéder à d'autres vérifications sur les chaînes du constructeur Giat Industries. Des armes y sont prélevées au hasard et subissent des tests d'endurance (de 10 000 coups). Aucune anomalie n'apparaît. Pourtant, le PAMAS G1 va connaître trois incidents de tirs identiques en douze ans de service.
 
Le premier incident a lieu en 1994 : la culasse du PAMAS est éjectée lors d'un tir. À l'observation de l'engin, il apparaît qu'une fissuration s'est prolongée jusqu'à la rupture, au milieu de la glissière. Elle est impossible à déceler à l'œil nu. Une expertise est lancée, regroupant la DGA, le constructeur (Giat Industries) et le client (la Gendarmerie). Elle conclut à un cas isolé. Mais un deuxième incident de tir incrimine la même pièce (rupture de la glissière) cinq ans plus tard…
 
Une nouvelle expertise est lancée. On procède à la rédaction d'un mode opératoire de contrôle de cette pièce du PAMAS en acier allié. Elle est envoyée à chacun des armuriers d'unités de la Gendarmerie. En juillet 2001, les conclusions font état de l'existence potentielle d'autres armes fissurées…
 
Aussitôt une modification du pistolet est envisagée et la DCE est consultée pour la réalisation d'un programme de qualification de cette modification. « Munis des conclusions de cette nouvelle expertise, nous avons officiellement consulté Giat Industries pour élaborer une solution, raconte Alain Mondon, manager armes, munitions, artifices et moyens du combattant au SPART. Nous avons rapidement proposé au ministère une procédure palliative de modification de l'ensemble des pistolets. Une situation totalement inédite au regard du nombre de pièces à traiter ! »
 
La remise à hauteur proposée par Giat Industries à la DGA a déjà été appliquée par l'armée américaine et est donc validée par l'expérience. La modification proposée concerne l'intérieur de la culasse du PAMAS. Il s'agit de procéder au rainurage de la queue de la glissière qui viendra ainsi, en cas de rupture, buter sur un axe épaulé. Cette nouvelle pièce fonctionne comme arrêtoir pour la glissière. « Le coût de fabrication de la modification était minime, poursuit Alain Mondon, mais nécessitait beaucoup de préparation et de main d'œuvre. L'essentiel, pour la DGA, était d'être très rapide pour la validation et la mise en œuvre. » La décision ministérielle entre en vigueur le 22 août.
 
 
Des essais à l'ETBS
 
Giat Industries fournit une vingtaine de pièces modifiées et une première campagne de 15 jours d'essais de qualification débute en septembre à l'établissement technique de Bourges (ETBS) de la DGA. « L'ETBS a fait preuve d'une grande réactivité dans la préparation de ses essais, souligne Alain Mondon. Lorsqu'ils sont achevés, le 5 octobre, il apparaît que le degré de confiance dans la capacité de l'arrêtoir à assurer son rôle doit être encore vérifié. Il faut mettre au point une seconde ca mpagne d'essais. »
 
La notification d'une lettre de commande, puisqu'il s 'agit d'une urgence, est envoyée à Giat Industries qui fournit de nouveaux PAMAS modifiés le 5 novembre. Une semaine plus tard, la deuxième campagne d'essais est terminée. Et le 30 novembre 2001, le directeur du SPART signe le prononcé de qualification officielle. 10 000 armes à modifier par mois : les deux centres de Giat Industries sont prêts.
 
Pour remplacer momentanément les PAMAS, la Gendarmerie remet en service le PA MAC 50, l'ancienne arme de service. L'état-major de l'armée de terre et la DGGN prennent en charge la récupération des PAMAS et leur expédition par norias aux usines Giat de Saint-Chamond. L'industriel réceptionne, procède à l'expertise de l'arme, à la réalisation de la modification, avant de la réexpédier. Un ingénieur de la DGA fait le lien depuis Bourges. Les unités suivent le rythme, l'industriel tient la cadence. En moins d'une année, les 97 502 armes comptabilisées sont remises à hauteur.
 
Une centaine d'armes reste encore à modifier. Affectés à du personnel hors métropole (en Outre-mer et dans les ambassades), ces PAMAS ont été logiquement les derniers à être rapatriés. Mais l'industriel a laissé en place son outillage.
 
« Cette opération est une réussite, conclut Alain Mondon. La solution a permis un important gain de temps et une réduction des charges financières. Nous arrivons en effet à un coût global unitaire de moins 60 euros pour cette réparation. À la lecture du calendrier, on ne peut que remarquer l'excellente réactivité dont ont fait preuve les différents acteurs de la DGA (équipes DCE, personnels du SPART) et du maître d'œuvre industriel. »
 

Le PAMAS G1, une licence du Beretta 92 F
 
Le PAMAS G1 a été mis au point en France au milieu des années 80. Ce pistolet automatique, de 960 grammes et d'une portée pratique de 50 mètres, est une définition Beretta que Giat Industries a fabriquée sous licence.
 
Quand on observe ce pistolet, le logo du constructeur (le sigle MAS souligné en incrustation) apparaît gravé au centre des plaques noires de la crosse. Au long de la glissière, on peut lire son histoire et sa désignation : « PA MAS » (soit « Pistolet Automatique de la manufacture d'armes de Saint-Etienne », appartenant à Giat Industries), son calibre (9 mm) et la mention « G1 » (pour Gendarmerie et modèle n°1). En déclinant le sigle, la désignation du fleuron FAMAS s'éclaire de la même façon (fusil d'assaut de la manufacture d'armes de Saint-Etienne).
 
Le Beretta 92 F servant de modèle est un pistolet automatique devenu légendaire par ses qualités de robustesse et de longévité. Lancé en 1975, il est adopté dès 1980 par l'US Air force et deux ans plus tard, par l'armée américaine. Il est également en service dans les forces de l'ordre de nombreux pays sous différentes adaptations et versions. Le grand public le connaît notamment pour son apparition dans les mains de Mel Gibson dans la série des films « L'arme fatale ».
 
Le PAMAS G1 est mis en service opérationnel en 1989 comme arme de service (arme individuelle) dans les unités de la Gendarmerie nationale, puis en 1992, dans l'armée de l'air et en 1999 pour l'armée de terre et la Marine. La DGA en utilise 360 pièces pour la gendarmerie de l'armement. Tous ces PAMAS sont aujourd'hui modifiés selon le prononcé de qualification du SPART.